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Des poètes et des analphabètes

Ce matin, une fine couche de neige se dépêchait de vivre ses derniers instants. L’automne est à la guerre avec la prochaine saison ; les gens se pressaient peut-être un peu plus que d’habitude à rejoindre la station de métro afin de ne pas donner prise au froid (ou aux virus se cherchant un nid). J’ai moi aussi marché un peu plus vite, car le travail m’attend.

Je suis certes heureux/chanceux de pouvoir travailler. J’ai du beurre à mettre sur mon pain alors que d’autres n’ont ni la force ni les compétences pour pousser un crayon ou lire des consignes. Je pense aux 49 % de la population québécoise (et occidentale) considérée analphabète de niveau 2 (difficulté à lire).

Moi qui suis quand même pas mal un peu poète, je m’étonne de ce chiffre, d’autant qu’il montre le gouffre qui peut séparer mes idées des leurs, car qui sait lire sait jouer avec les concepts, les mots, se donne des armes contre les voraces tant politiques que financiers. Quand on pense que même les plus instruits ont du mal à se faire une idée d’une situation, comment s’imagine-t-on un esprit qui a du mal à avoir s’il est un sujet ou un simple complément d’objet indirect ?

Et que penser de la voix des poètes ? Ils ont déjà une audience si petite, voilà qu’il apprend que la moitié de la population n’a même pas les oreilles pour l’entendre.

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