Insomnie • Le choc des mots

Peut-être est-ce l’humidité et la chaleur, peut-être y aura-t-il eu trop de vin, peut-être ai-je trop révisé L’Effet Casimir, peut-être un peu tout ça. Le sommeil ne venait pas. Mon ancien texte me cause quelques soucis. Je m’étonne que l’éditeur d’alors ait laissé passer tant de fautes. Il est vrai qu’à ses tout débuts, il faisait pas mal tout seul.

Moi, je suis un aveugle, je me laisse prendre par l’histoire et ma cervelle est un filet aux mailles inégales et trop larges. C’est peut-être l’impatience. C’est peut-être l’état lamentable, au final, de ce que je crois être mon talent. C’est peut-être de la mauvaise insouciance. C’est peut-être tout ça.

L’insomnie ressemblait, hier soir, à ces embâcles qui se forment subitement et possèdent la force titanesque d’arrêter le cours des choses. La rivière monte et monte sans donner de chances aux riverains, la panique s’empare de tous, l’univers bascule dans le chaos. Mon jugement bute, se noie, et j’en oublie ainsi qu’il me faille dormir. La moindre pensée se transforme en tracas, la plus petite baliverne exige une solution avant de me laisser en paix. C’est l’orage et la dévastation.

C’est peut-être le choc de tous ces mots, de ce que j’ai voulu exprimer, c’est peut-être ce miroir de ma pensée qui me montre tel que je suis, un être ambivalent, qui en est resté à panser des éraflures émotives sans conséquence, comme si je préférais la souffrance à la sagesse.

Qui sait ?

Et puis, qu’importe. Le vent, ce matin, annonce la pluie. L’étau de la chaleur se desserrera. Demain sera un autre jour. Le temps, lui aussi, se répète, redit les mêmes choses. Bis repetita placent. On ne peut que s’y soumettre afin de s’endormir un petit peu. Avant de reprendre la marche.

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