La fragilité de la fin

J'ai accompli ce que je m'étais imposé il y a deux mois, soit relire et recomposer la totalité de mon roman... avant de m'attaquer au dernier chapitre. La fin est depuis longtemps pensée et repensée. Il me fallait tout de même refaire le tour du jardin pour avoir en tête tous les éléments rassembleurs. Je sais qu'en écrivant cette fin, elle pourrait encore me surprendre même si elle repose depuis si longtemps dans ma tête. Elle y résidait déjà, presque à son début, y est née lors de l'ancrage nécessaire de l'histoire. Sans une fin, point de direction possible, point de rassemblement plus ou moins chaotique des scènes.

J'accorde autant d'importance à la fin qu'au début et critique d'emblée les auteurs qui semblent mettre tout le paquet dans le commencement et n'ont pas beaucoup d'intérêt ou d'énergie pour amener leur histoire jusqu'à la fin.

Je n'affirme pas y avoir réussi tout le temps. Crever mon fils est sans doute mon texte le plus malhabile à ce niveau. Je ne sais pas si j'ai réussi pour les autres. J'essaie de ne pas me relire, probablement par peur de constater que je redis toujours la même chose!

Les Mailles sanguines possède 80 petites fins, à la conclusion de chacune des scènes. Le texte ne fait pas d'esclandre, il est en ce sens aussi tranquille que L'Effet Casimir, y emprunte aussi plusieurs techniques, voire des idées de personnage. On pourra faire le rapprochement, par exemple, entre le personnage de Rose et de Lucienne, celui de Diane qui a perdu son mari artiste et le personnage de Marthe que le compagnon artiste a quittée. On pourra également découvrir les similitudes dans le concept des voyages comme exutoires (ce qui, en soi, n'est vraiment pas original).

Cette fin, maintenant, je dois la composer pour Les Mailles sanguines. C'est un moment fragile, le dernier regard que portera le lecteur sur le texte, celui avec lequel il ou elle jugera du reste. Je ne veux pas les décevoir, je veux leur laisser un souffle chaud dans la tête, car, pour paraphraser fin des Années-rebours, à défaut de tout comprendre, subsistent le luxe et le délice de vouloir recommencer.

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<<Les illusions
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