quotidien | Guy Verville

Terme : “quotidien” (17)

La vie ordinaire

«J’ai une vie très ordinaire, voire plate, mais j’aime ça.» Je demande à mon interlocuteur de répéter. Nous étions debout, quelques amis autour de nous. On avait commencé par m’interroger sur mes romans, sur le sens que j’y apportais, pourquoi j’écrivais. — 2014/09/30

La surprise

Je marche d’un pas régulier, assuré. Je fais le trajet en trente-six minutes bien comptées. L’automne est encore clément, le soleil presque toujours au rendez-vous. — 2013/11/05

Youkali

Sans cesse à recommencer, le poil, la poussière, les jours. Toujours aussi vaporeux, fluide, inaltérable ce Temps qui n’est qu’une dimension de plus dans notre mémoire sélective. — 2013/03/29

Ne pas voir la saison

Ce n'est pas que les mots me manquent. La parole demeure volubile dans mes pensées. Elle est cependant ailleurs que sur Internet, dans les mailles de mon roman. Écrire envoute, m'interdit presque d'autres visions, comme si mon esprit s'enflammait pour une seule doctrine. — 2012/03/26

La roue

Les jours ne sont pas tous égaux devant l'éternité même si, telles des vagues claudiquantes sur une rivière, ils vivent plus ou moins la même existence. Les pensées ne possèdent pas toutes la même valeur même si, en vagues chancelantes sur un océan, elles meurent obstinément sur l'horizon. — 2012/02/28

Slow motion

Le temps est particulièrement doux à Montréal. L'hiver, tout compte fait, n'a pas de prises sur le bitume huileux de la métropole qui n'en poursuit pas moins sa course. — 2012/02/16

Comme si

Une autre journée à retoucher le Rimmel du quotidien, d'autres heures à parfaire le vernis des bonnes manières, à récurer les tâches, laver les devoirs, étendre les espérances. — 2012/02/10

Soviet suprême

Mon pays ne semble plus être cet hiver que le poète déclamait à grande voix, du moins pas dans la métropole. Il pleut encore et la neige ne résiste pas. — 2012/01/27

La salle des âmes perdues

Vingt heures trente, à la salle des pas perdus de la station Berri-Uqam. Je suis avec un ami, à attendre un autre de ses amis. Nous sommes assis au sordide Dunkin Donuts de l'endroit. Le café y est évidemment exécrable. Mon ami mange un beignet à la farine de patates tout sec. Devant moi, le guichet clinquant de la STM et, assis sur les bancs, non pas des clients impatients, mais des êtres hagards. — 2012/01/04

Le petit chien

Elle le sort déjà en laisse. Elle demeure sur son balcon pendant que son petit chien, bien emmailloté dans son vêtement de sport, trotte vers la pelouse enneigée. Il arrondit le dos, fait sa crotte en regardant sa maîtresse. — 2011/12/31

Mille fois les jours passeront

Il semble parfois inutile de raconter chaque heure; elles peuvent toutes se ressembler. Les passants passent, les saisons passent, les politiciens passent. L'imaginaire a de temps en temps du mal à s'extirper de ses propres habitudes. La vie suit son cours. — 2011/12/19

Quoi de neuf ?

«--Comment ça va? -- Ça va passer.» «Ça va pressé» ,«Ça va», «Ça roule.» «-- Quoi de neuf? -- Pas grand chose.» — 2011/12/09

Les chemins gris

La saison actuelle demeure grise. Les couleurs sont habituellement artificielles ou exagérément vivantes. Le temps donne tantôt de la neige, tantôt de la pluie, et surtout un ciel couvert d'une ouate mal lavée. — 2011/12/02

Les manigances du hasard

Le soleil a pu, pendant une heure, se poser sur les objets et les gens. La pluie n'en a cependant pas fini avec nous et les rues se fleureront encore de bruissements mouillés. Les nuages reviennent pour la journée. Il y aura de la neige fondante ce soir. Il fait bon dehors, triste, mais bon. — 2011/11/30

Les gens flous

Les gens flous habitent notre quotidien. Nous les croisons, les regardons le temps d'un désir ou d'une indifférence. Certains sont heureux, d'autres ne savent pas comment ils feront pour passer le jour. — 2011/11/29

Miasme bucolique

Ce n'est pas chaud pour la pompe à l'eau ce matin. Le froid, en gros éléphant, bouscule tout dans la boutique de porcelaine. Les passants grelotent, certains sont surhabillés alors que d'autres ont la jupe encore un peu trop courte. — 2011/11/20

Facilement submergé

Au matin, la nuit s'empresse de se rhabiller et de nous quitter, nous promettant vaguement de revenir. Nos yeux ne lui prêtent guère plus d’attention, nos pensées se gargarisent, nos mains s'activent. — 2011/11/17

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